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Extrema ratio. Notes pour un bon usage des ruines est le livre testamentaire de Franco Fortini.
Les ruines que mentionne le sous-titre sont celles du XXe siècle, des espérances révolutionnaires en premier lieu,
mais plus généralement des coordonnées politiques et culturelles marquantes de la modernité occidentale.
Fortini esquisse dans les textes qui composent ce livre un bilan des engagements de toute une vie,
et essaie de cerner les lignes fondamentales d’une nouvelle époque en train d’éclore. Le livre frappe par l’actualité des questions et la diversité des approches :
réflexion sur les violences policières, échanges avec des détenus condamnés pour terrorisme, intense méditation sur le conflit israélo-palestinien — ainsi
que par sa force d’adresse et sa radicalité éthique.
« Que veulent de nous les gardiens de la morale d’État, sinon faire de nous des salauds ou des victimes ? »
« Le problème est toutefois celui d’augmenter le nombre et la détermination de ceux qui ne veulent pas que le monde demeure tel qu’il est. »
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Franco Fortini (1917–1994), est l’une des figures les plus marquantes de la scène intellectuelle et politique italienne de l’après-guerre. Auteur inclassable et penseur « inactuel » comparable par son influence en Italie à Pier Paolo Pasolini, Franco Fortini fut la boussole de plusieurs générations d’intellectuels et de militants, par sa clairvoyance, sa lucidité, par sa manière à la fois libre et sans concessions d’interpréter les événements de son temps, de la critique radicale de l’invasion de la Hongrie en 1956 jusqu’aux derniers écrits qui anticipent la catastrophe des années Berlusconi. Son œuvre, vaste et multiforme, est exemplaire par sa façon de mener de front la pratique de la poésie, l’écriture critique et les textes d’intervention.
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